La Tunisie by Potemkine

Voilà ce qu’ont apporté les 22 dernières années aux Tunisiens: “les conditions de la sécurité, de la quiétude et de la vie digne” *.  Voilà comment se sont déroulés les dernières élections: “dans un climat de discipline, d’ordre, de clarté, de transparence et de respect de la loi” **. Voilà ce que nous permettra la prochaine étape :  “élargir les horizons du progrès et du bien-être dans notre pays”***.

Ce que nous devons remarquer d’après ce qui précède, c’est que le mot : “Liberté“, pourtant le premier mot de la devise de notre république, est absente du dictionnaire politique en Tunisie. Elle ne figure ni parmi les “réalisations” du passé,  ni parmi les conditions du présent, ni parmi les objectifs du futur.

La liberté, Valeur fondatrice entre toutes, a t-elle, à ce point, perdu de sa valeur  pour ne figurer même plus dans un discours??  Nous avons déjà remarqué qu’elle a perdu sa valeur dans la réalité; mais ils auraient pu au moins lui garder sa place dans les discours!!!  Ce n’est pas vraiment trop demandé! non?

De plus, vouloir restreindre le mot “Liberté” dans le sens historique de celui de “libération” et “indépendance”, bien que ce sens  soit hautement important et symbolique, ne peut plus duper grand monde; car faut-il rappeler que  presque 90% des Tunisiens sont nés dans la Tunisie indépendante et  50% d’entre eux ne connaissent qu’un seul président?!

Il est temps que nous donnions au mot “Liberté” tout son sens et toute sa place!!

Revenons-en à Potemkine!

La légende historique raconte que le ministre Potemkine, ministre influent à la cour de la Tsarine Catherine de Russie avait découvert que l’on peut camoufler avec quelques artifices une réalité beaucoup moins reluisante.
Ainsi, avec de simples mais luxueuses façades en carton, érigées à sa demande, Potemkine avait persuadé  l’impératrice Catherine  et ses invités étrangers, lors de leur visite en Crimée, que la situation des villageois qui y vivaient, était excellente; alors, qu’en réalité, ces pauvres gens vivotaient dans une misères des plus dures.

Quel est le rapport avec la Tunisie?

Eh bien, sans la Liberté, sans la liberté de penser, de parler, d’agir, de se déplacer, de manifester, de protester, de contester, de revendiquer… toutes les réalisations qui ont apporté tant de bien d’être et de prospérité à la Tunisie ne seront que de simples façades Potemkine.
Tant que la liberté n’a pas été totalement garantie et absolument respectée, le reste sonnera comme du carton!! Et je n’aimerais pas croire que les tunisiens vivent en Tunisie comme  vivaient les villageois de Crimée dans les faux villages Potemkine.

*.**.*** : extraits de l’allocution du président du 7 nov 2009

Allitération pour Fatma : F comme Fatma

Fi!
Ils veulent lui Faire un Faux procès pour de Fumeuses accusations de Fabulation, eux, les Fieffés Fossoyeurs de la liberté qui ne veulent qu’être Félicités et Flagornés par leurs Funestes Folliculaires; Mais qu’ils le sachent dès maintenant; ils Failliront! car elle est la Flamme qui allume le Feu, la Flèche qui Fend les Fers. Elle est le Fusil qui terrasse les Fourbes de la nation et les Félons de la république, la Furie qui emporte les Faussaires de la légitimité et les Fraudeurs de la légalité.  Elle est la Foi en notre liberté et la Force de notre parole.  Elle est la Fronde qui Fonde le Futur. Demain, leurs Fausses Fêtes Fanfaronnes Feront l’effet d’une Farce Frelatée; leurs zélés Fayots Festoieront et Feindront la joie, mais ils se Feront Fourvoyer car qu’ils le sachent dès maintenant: le peuple ne Fête pas les Fiascos.
En Fait, revenons à l’essentiel, Elle, c’est Fatma.

 

P.S:  j’ai écrit ce texte à partir d’une tirade du film “V for Vendetta” construite sur une allitération de la lettre V:

“Voilà ! Vois en moi l’image d’un humble vétéran de vaudeville, distribué vicieusement dans les rôles de victime et de vilain par les vicissitudes de la vie. Ce visage, plus qu’un vil vernis de vanité, est un vestige de la vox populi aujourd’hui vacante, évanouie. Cependant, cette vaillante visite d’une vexation passée se retrouve vivifiée et a fait vœu de vaincre cette vénale et virulente vermine vantant le vice et versant dans la vicieusement violente et vorace violation de la volition. Un seul verdict : la vengeance. Une vendetta telle une offrande votive mais pas en vain car sa valeur et sa véracité viendront un jour faire valoir le vigilant et le vertueux. En vérité ce velouté de verbiage vire vraiment au verbeux, alors laisse-moi simplement ajouter que c’est un véritable honneur que de te rencontrer. Appelle-moi V.

GLASNOST!

2195

Glansnost!

En l’honneur de la liberté d’expression et contre la censure bête, un seul voeu à formuler: GLASNOST!*  

Y’en a vraiment marre des plumitifs et des gratte-papiers de ce bord et de l’autre,  qu’on laisse les gens dire ce qu’ils veulent dire et penser ce qu’ils veulent penser.  Nous en sortirons certainement  grandis.

* Glasnost: Гласность : transparence en russe, et au sens figuré possibilité de parler, est une politique de liberté d’expression et de la publication d’informations, introduite par Russie en 1985 par Gorbatchev.
Le poster en haut est paru dans un journal russe en 1988.

les femmes, le parfum, la prière…et les scarabées.

Si vous  ne voulez pas être un scarabée, le hadith du prophète Mohammed : “j’aime de votre monde les femmes, le parfum et la prière” pourra vous être bien utile.
Oui, la femme, le parfum et la prière vous sauvent de la condition du scarabée.  Moi, je me dis : voilà  bien une raison pour laquelle je fais bien de suivre la tradition  du prophète.

Mais vous vous demandez à coup sûr que viennent faire ici les scarabées ?
Je vais vous le dire:

  • Le parfum

Les scarabées n’aiment pas le parfum de la rose, pourtant l’un des meilleurs; ils préfèrent se nourrir de la bouse des vaches. Certains hommes, disait Ibn Arabi, sont du tempérament du scarabée, ils n’aiment pas entendre la vérité et préfèrent vivre dans le mensonge et l’illusion.
Si vous n’êtes pas du tempérament d’un scarabée,  Vous préférerez  les roses et les senteurs fleuries… (surtout sur la peau d’une femme) à la bouses des vaches car vous aimerez la vérité et vous  refuserez le mensonge.

  • La femme

Les Anciens pensaient que les scarabées étaient des mâles et se reproduisaient par auto-genèse en déposant leur semence dans une pelote de bouse de vache. Certains hommes, sont du tempérament du scarabée;  ils pensent que les femmes sont des “pelotes” qui servent à procréer .
si vous n’êtes pas du tempérament du scarabée,  Vous chérirez et respecterez la  Femme  car vous préfèrerez de loin que votre “semence” soit recueillie par votre moitié égale et partenaire et non par une “pelote”!  (Et en plus,  il n’ y a rien de plus beau qu’une femme!)

  • la prière

Les scarabées semblent programmés pour déplacer leur fardeau en ligne droite, quels que soient les obstacles rencontrés. Certains hommes, sont du tempérament du scarabée,  ils prient comme si la religion était un fardeau qu’ils doivent porter de la naissance à la mort, en ligne droite, en ne déviant pas du “droit chemin”.

Si vous n’êtes pas du tempérament du scarabée, tenez fermement à ce que votre prière (entendue dans son sens large, non celui des  rituels), ne soit pas votre fardeau mais contemplation et relation avec Allah, témoignage de la magnificence de sa création et tentative de purification et perfectionnement personnels.

Sur ce,… je  vous souhaite  de ne pas être un scarabée!

P.S:  les informations sur les scarabées sont vraies : l’odorat des scarabées pour la recherche des bouses est très développé. Pour la reproduction, la légende est tiré de la mythologie égyptienne mais la version scientifique réelle est que le scarabées s’accouplent sous terre et finalement le scarabée se déplace en ligne droite parceque c’est le chemin le plus court et il suit ce chemin en s’orientant suivant un point de visée qu’il ne quitte pas des yeux.

taedium vitae

Ante Scriptum: Je suis pas spécialement triste mais j’ai envie d’épancher une sorte de mauvaise humeur dominicale; et il n’ y a pas mieux que mon blog comme mur des lamentations.
Ne lisez pas si vous n’êtes de la même humeur que moi.

N.B : Tous les textes suivants ont été écrits en 2008 et ne sont plus d’actualité aujourd’hui, mais il me servent à certains moments… comme aujourd’hui.

*****************

On est là
on passe le temps.

Que dire?
il n’y a rien à dire
ou rien d’important.

On respire,
on papote, on travaille,
un mauvais air circule
un air fade d’ennui, de lassitude
l’inutilité des gestes
l’insipidité des paroles
tout est vain.

On en revient toujours
à la même question:
à quoi bon?
puis s’impose l’autre
mais quoi d’autre?

j’ai dans la bouche
un gout d’amertume
celui du café sans sucre
ou de la cigarette peut être?
ou celui de ma vie qui passe?

J’essaye de sourire
mais l’ironie ne me sert  rien
sauf à me rappeler
ce gout d’amertume
dans ma bouche et l’ennui
qui me prend par l’épaule
à chaque tournant,
sournois et ricanant

**********************

Mon âme sœur se cache
ma vocation s’éloigne
et ma vie m’échappe

alors, las de chercher
je m’en vais à mes promenades
solitaires et silencieuses
sur les routes sinueuses
de ma bohème vagabonde
la pluie éclairant mon chemin
et les étoiles regrettant mon destin

mon cœur blessé pleure
et ses larmes éclairent ma solitude
oui, je suis seul, étranger
irrémédiablement, pour toujours
et ma seule consolation est l’orgueil
de ma douce et vaine tristesse
et la seule musique que j’entends
est la plainte lancinante de mon âme

Que cherches tu au juste, mon cœur?
l’amour? la paix? la joie?à quoi bon?
ce ne sont pas des choses de ce monde
ici , il n’y a que désolation et malheur

Je suis encore debout
mais lorsque je tomberai
qui m’aidera à me relever?
qui creusera ma tombe?
Dis moi mon cœur
quand arrêteras-tu de battre?

Mon cœur se savait vaincu
silencieux, il pansait ses plaies
et fier, il continuait à battre!

*************************

Aliéné, étranger à moi même, je ne me reconnais plus et je ne reconnais plus le monde. Et je résiste, sans cesse, au tourbillon de désespoir qui s’agite au fond de mon âme, où je me vois;  mon visage triste et  mon cœur vaincu, m’appelant à sombrer.

Debout au rebord de ma fenêtre,  j’expire les dernières bouffées de ma cigarette, Les bouffés dans lesquels j’expire le trop plein d’amertume qui s’accumule dans mon cœur. Je referme consciencieusement les persiennes de la fenêtre et je referme dans le même geste les persiennes de mon âme.

Je me protège ainsi, derrière les  murs blancs de mon appartement, les hauts murs de la solitude et du silence. J’ai froid. Je m’en enveloppe dans de lourds draps qui sentent  l’hiver,  les lourds draps de l’aigreur et du ressentiment contre les assauts d’une société qui me met au défi de choisir entre l’aliénation et l’exil.

Alors, seul,  je rêve de gloire, de puissance, de prophétie, je m’imagine gouverner les hommes et  changer le monde. Mais du fond de ma mélancolie encore, je m’entends me moquer de mon ridicule car je sais que mes rêves sont ridicules.

La mélancolie rend lucide et je sais ainsi l’inutilité de ma tristesse et l’inconsistance de mes rêves.

***********************

Il ne me sert à rien
de connaitre ce que je connais
ni d’avoir lu ce que j’ai lu
ni d’avoir  marché longtemps
ni  lorsque j’avais couru

Il ne me sert à rien
d’aimer parce que aimer c’est donner
et je n’ai rien à donner
parceque aimer c’est désirer
et je ne désire plus rien

***********************

Post Scriptum: … HEUREUSEMENT QUE LE SOLEIL SE LÈVE DEMAIN!!!

Cold case!

Je suis la scène du crime. Mon cœur est la victime. Mon cerveau mène l’enquête.

Mon cœur est à terre. Il est là gisant  à même le sol. Pas encore mort mais  sérieusement touché. Cette fois, il a été atteint d’une balle à bout portant. Lui, qui se prenait pour le gros dur, le grand caïd, l’intouchable, cette balle- là, il n’aurait jamais pu l’éviter.

Mon cerveau déroule la bande jaune: “Crime scene. Do not cross!“.  Il commence à scruter la scène du crime à la recherche d’indices, mais tout est clean!  Il n’ y a rien qui puisse l’aider à comprendre ce qui venait de se passer.

Pourtant, la dernière fois qu’il avait eu à faire avec mon cœur; ce dernier lui avait  assuré qu’il allait définitivement se retirer des affaires.
Quel con il était de l’avoir cru!  Fallait bien s’y attendre: un cœur est toujours un menteur, il se ment à lui même et il ment aux autres.  Il l’avait mené en bateau en lui disant qu’il était fatigué, qu’il avait compris que ces histoires… ça ne menait à rien; mais ce n’étaient que des bobards!

Sur le chemin du retour à son bureau,  mon cerveau s’est dit que de toutes façons c’était prévisible; un cœur ne  peut pas se retirer totalement des affaires; et fatalement, il tombe… un jour ou l’autre!   Aujourd’hui, que puis-je faire ? Le tireur est en fuite et je ne sais pas comment le retrouver.

Le dossier de mon cœur prendra donc son chemin aux archives… Une nouvelle “cold case “ viendra  s’ajouter aux autres…

Qui sait quand sera t-elle résolue?

Préparons 2014 (précédé de l’art de noyer le poisson!)

5 ans: ça passe vite! Préparons 2014!

Selon le discours officiel, le processus démocratique dans notre pays est irréversible mais il doit être mené avec la plus grande des précautions pour immuniser la Tunisie contre tout risque de “ressac” ou de “rechute”.

Certains journalistes surenchérissent  et nous disent que la Tunisie n’est pas encore la Suède! Ce n’est qu’un jeune pays de 53 ans sans aucune tradition démocratique et pour une nation aussi jeune, il n’est pas certain qu’elle basculera du bon côté si la transition ne se fait pas au rythme décidé par les autorités.

Il ne leur manque que de prier  pour le peuple comme le faisait Jésus pour le sien: ” Pardonnez leur, Seigneur… car ils ne savent pas ce qu’il font” !

Eh bien, moi, ce que je dis, c’est que dans l’art de noyer le poisson, y’a pas mieux!

Pourquoi?

Parceque les tenants de ce genre de discours essayent de nous mener dans un faux-débat, dans un faux jeu (du genre: Face: je gagne, Pile: tu perds) : celui de savoir si la Tunisie est prête ou pas à sortir d’un système autoritaire!

Tout de suite, on vous sort l’artillerie lourde: des arguments imbattables: Les succès économiques, le danger islamiste, l’hésitation identitaire tunisienne, la non transposition des modèles étrangers et l’inanité des recettes imposées de l’extérieur!  et on finira par conclure que tant que nous ne serons pas des suédois, le peuple tunisien aura besoin d’un despote éclairé.

Les “anti” sont vite pris dans le piège.  Ils essayent de tenir front avec des concepts et des slogans creux: liberté, justice, alternance… mais finissent tous par abdiquer. Car à peine leur rétorque t-on: “Mais, l’alternance n’est pas un vulgaire “ôte toi de là, que je m’y mette”! Avez vous un programme alternatif?” qu’ils se trouvent d’office hors jeu, disqualifiés! Le peuple, étant au final le seul arbitre, choisit logiquement, le détenteur du programme!

Mais le peuple, autant souverain qu’il soit, voit-il seulement qu’il s’est fait avoir?

Que faire alors ??

D’emblée, je vais vous dire: je vote pour le président, je suis d’accord sur son programme,  je  suis sur de son amour pour le le pays , je suis d’accord sur le but assigné: celui de permettre à la Tunisie d’accéder au rang de nation developpée, je suis conscient de l’ensemble des obstacles et des risques évoqués plus haut…

Mais là n’est pas la question!

Mon propos est que l’alternance des hommes est obligatoire, fût-ce pour exécuter le même programme, par une équipe de bons technocrates [je dirais même que la Tunisie ne doit pas dévier des lignes tracées par Bourguiba et ben Ali; et à fortiori en matière économique, où nous n'avons plus beaucoup de choix dans un monde mondialisé, dominé par les marchés et la doctrine capitaliste],

Comme disait je ne sais plus qui : “Changer d’idées, c’est comme les chemises, c’est une affaire de propreté”, Alors, pour un pays aussi:  “Changer de dirigeants, c’est comme les chemises, c’est une affaire de propreté”.

Alors, au delà de la mise en œuvre du programme électoral durant ce dernier mandat constitutionnel du président , s’il y a une priorité nationale à laquelle, il faut que la Tunisie se prépare, ça sera bien celle d’assurer la transition. Et plus on s’y prendra tôt, mieux ce sera!

Mes vies antérieures.

j’aurai aimé être un citoyen athénien écoutant les cours d’Aristote sur l’éthique et prenant part aux forums de l’Agora.

j’aurai aimé être un soldat de l’armée d’Hannibal traversant les Alpes et conquérant les plaines du Po ou un tribun à Rome parlant au nom de la plèbe et défiant les patriciens au sénat.

j’aurai aimé être un compagnon du prophète criant: “Allah Akbar” aux batailles de l’Islam naissant ou un savant Andalou dans la cour du calife de Grenade.
 
j’aurai aimé être un membre du mouvement national manifestant pour la patrie et combattant aux côtés de la résistance Tunisienne menée par Bourguiba.

Toutes ces vies sont des vies irréelles; mais par l’exemple, elles façonnent ma vie actuelle:  c’est pour ça que je les appelle antérieures; 

Et vous l’aurez compris: toutes répondent à un seul désir:   avoir un destin en face de l’histoire,  une énérgie à libérer, un courage à prouver, une vie à offrir.

suis-je né au mauvais siècle?

l’affligeante banalité du Quotidien

Le mal de la banalité frappe au cœur de la masse.
Nous sommes tous désaffiliés, désenchantés, étrangers à nous mêmes: culturellement et politiquement immigrés dans notre propre pays, dans nos propres vies, dans nos propres corps.
Il ne nous reste que notre quotidien, celui de tous les jours, mais sa banalité et son insignifiance nous mettent, chaque jour, devant le défi de répondre à la question-clé:  Mais qu’est ce qui peut donc continuer de se passer alors qu’il ne se passe plus rien, puisque tout est décidé d’avance et tout est pré-établi? Aujourd’hui, c’est pareil à hier et demain ne peut pas être différent!  Le présent c’est le passé et il n’ y a pas d’avenir.

Ce sur-place de la quotidienneté déshumanise et aliène.
Qu’est ce que l’aliénation si ce n’est l’inaccomplissement du possible de l’Homme. “Que notre action configure la volonté d’un autre sans rien laisser soupçonner de la notre: Telle est l’aliénation!” Voilà ce que disaient les capitalistes maîtres su système de production selon Marx.

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde dominé par la même logique: par le fractionnement du temps, par le quotidien, par le travail, nous sommes réduits à l’aliénation: du matin au soir, nous travaillons; et beaucoup de temps est ainsi inutilement gaspillé aux bureaux juste parce que nous nous sommes auto-convaincus de cette nécessité. Ceux qui ne travaillent pas (parce qu’il n’en ont pas trouvé!) sont autant convaincus de cette nécessité, si ce n’est plus, et ils sont ainsi autant aliénés que nous qui travaillons. Car l’existence se définit maintenant par le travail quotidien, à partir du travail quotidien, à travers le travail quotidien.

Entretemps, l’Humain en nous meurt de faim: “Quel maléfice, se demande Marx, a donc pu suspendre la liberté d’un Homme, lui ôter l’exercice de ses facultés et faire dépérir de la sorte tous les possibles qui étaient en lui?”

Alors, pour échapper à la fadeur et à la médiocrité de cette existence, à la banalité et à l’insignifiance de ces quotidiens; chaque soir, nous ouvrons les portes de cette cage d’acier et  laissons le moi clandestin et refoulé s’exprimer librement sur les pages d’un blog virtuel, dans les notes d’une musique ou dans les lignes d’un poème…même si on sait pertinemment que dès la minute où on posera la tête sur l’oreiller, commencera l’aspiration d’un autre quotidien, celui de demain.  Nous serons volés à nous mêmes et nous nous dirons, que de toutes façons, nous n’y pouvons rien.

Dites moi: Quel est le coût social de millions de vies individuelles médiocres?
Que valent des millions d’hommes à qui on a enlevé tout ce qui faisait leur humanité: la liberté,  l’initiative et l’inventivité ? Dites moi: Que leur reste t-il?

sommes nous un peuple résilient?

La résilience est définie comme étant la capacité d’un écosystème à retrouver rapidement son état d’équilibre après avoir subi un choc important. Ce concept est également utilisé dans plusieurs domaines: écologie, psychologie, économie, sociologie…

Les sociétés et communautés humaines peuvent aussi être considérés comme résilientes si elles montrent la capacité à se reconstruire après avoir subi un grand bouleversement. L’exemple du Japon et de l’Allemagne de l’après seconde guerre mondiale sont parlants à ce sujet. Voilà deux pays, qui après avoir été pratiquement détruits, ont réussi à se régénérer.

Sur le plan individuel, Il est dit que le meilleur d’un homme ne transparaît que lorsqu’il est face à l’adversité. Ce sont ces capacités là qui lui permettent d’être résilient et de retrouver rapidement sa liberté, sa dignité, son honneur, son existence… même s’il a souffert les pires atrocités.
Un homme d’aujourd’hui en bonne santé, ayant un travail et une famille et vivant dans un pays en situation de paix ne peut rien connaître de la résilience! et, soit dit en passant, il ne peut rien montrer de ce qu’il a de meilleur; car, tout bêtement, pour l’instant, il n’en a aucun besoin. Il peut continuer à vivre tranquillement avec le minimum de “bagages” et d’effort.

Le raisonnement peut être généralisé à l’échelle des nations : si elle est en bonne santé financière, s’il y a cohésion sociale, et si elle est en paix avec ses voisins et avec le monde; cette nation ne connaît rien de la résilience tant qu’elle n’a pas traversé une épreuve déterminante. Elle se contente de peu et ne donne pas le meilleur d’elle même

Revenons à notre Tunisie:

L’histoire de la Tunisie nous apprend qu’elle est arrivée à se sortir de beaucoup de situations défavorables. La plus grave fut la plus récente, c’est à dire la colonisation française. Un petit retour plus loin en arrière nous éclairerait davantage:

A quelques dizaines de kilomètres près, La Tunisie a pratiquement toujours existé dans les mêmes frontières qu’aujourd’hui. Carthage et son hinterland, la province romaine d’Africa, Les divers états et royaumes berbères, arabes et turcs qui se sont succédés jusqu’à la Tunisie moderne se sont établies sur quasiment le même territoire que nous connaissons aujourd’hui.
Les habitants de la Tunisie; au détail près: l’apport de populations arabes, andalouses, etc qui s’intègrent mais ne remplaçent pas la poupulation autochtone;  n’ont jamais changé. On est tous les descendants des mêmes “tunisiens” qui ont vécu sur les mêmes terres il y a 500, 1000 ou 2000 ans en arrière.

Par ailleurs, il n’y a jamais eu à ma connaissance dans l’histoire de la Tunisie, une grande calamité naturelle, une épidémie, un génocide, une guerre, une invasion qui a un jour véritablement menacé l’équilibre et l’existence de cette patrie:  l’essentiel c.à.d: le territoire, la démographie et les ressources n’ont subi quasiment aucune grand bouleversement structurel depuis bien longtemps.

C’est toujours le même petit pays qui continue son bonhomme de chemin à travers l’histoire en s’adpatant tant bien que mal aux contingences spécifiques à chaque période.

Pouvons-nous en conclure que nous sommes un peuple résilient: capable de supporter et d’absorber un grand choc puis de rapidement se reconstruire?

Nous n’avons pas réellement de  précédent historique qui pourrait nous renseigner ( sauf peut être la colonisation). Nous ne vivons pas actuellement une époque où nous ne donnons pas  le meilleur de nous-mêmes (ça serait plutôt l’inverse!).  Et le comble, c’est que des pans entiers de la société vivent dans une apathie alarmante qui n’augure pas d’une grande capacité de résilience; on pourrait même penser que dans cet état d’apathie, ces gens pourraient disparaître sans qu’eux même ne s’en rendent compte!!

Mais je sais qu’il est facile de critiquer et de parler ! et moi même je pourrais très bien faire partie de ceux qui ne donnent pas le meilleur d’eux-mêmes, de ceux qui se contentent du peu, de ceux qui adorent leur petit confort bien douillet…

Je sais aussi que tout pronostic en histoire est presque impossible. D’ailleurs, pas un historien n’a encore réussi à prédire ce qui allait se passer.

Donc, pour finir: je n’avancerai aucune réponse!

réminiscence

j’étais mort, je devins vivant
j’étais pleurs, je devins rire
le règne de l’amour est venu

et je suis devenu bonheur éternel

Jalaluddine Rûmi

Fiat lux!
une source de lumière jaillit
et éclaire mon âme
j’entends la musique des origines
et je souris…

même si, ici bas, des fois encore,
il arrive que j’oublie d’accorder
mon âme et mon corps
et que le sourire quelques matins
peut quitter  mes lèvres…

je sais qu’au delà de tout possible désespoir
subsistera toujours en moi
un inépuisable fonds de joie
souvenir d’un immémorial temps
où je ne fus qu’une note de musique.

et mon sourire n’est qu’une réminiscence
de cette joie première et de ces premières notes :
ces quelques divins accords dont sont pétries les âmes.

n’oublie jamais que lorsque tu souris;
au ciel, tinte une belle musique
et les anges l’entendant
tendent l’oreille et se disent:
“chut! écoutons! En bas, il y a un cœur qui aime”

récit d’un quotidien

Comme à chaque matin que Dieu et l’entreprise où je travaille font, chacun de leur côté;  je suis debout devant l’entrée de l’immeuble cossu que cette dernière a choisi pour siège;  debout comme un Jonas s’apprêtant à être avalé par la Baleine.  J’allume une cigarette: la première de la journée,  j’aspire goûlument une bouffée et je m’enfonce lentement dans la pénombre du hall d’entrée, sifflotant sur un air de Dutronc: il est 7h 55mn…

la succession mécanique de mes quotidiens ne s’enroue jamais.
Des dossiers sur le bureau, les mêmes depuis un moment; quelques mails et appels téléphoniques sans grand intérêt et puis les bonjours et les au-revoirs  de politesse distillés dans le respect du protocole à des “inconnus” rencontrés au gré des couloirs,… ce n’est là qu’une journée de plus au bureau.

La journée s’allonge,  j’attends qu’elle finisse;  je la remplis comme je peux; en fait, comme on remplirait un sac-poubelle. Quand vient le temps de quitter, je la jette comme on jettrait un sac-poubelle.

Le soir vient..enfin
Comme un jonas craché par la Baleine, je sors de l’immeuble comme on sort d’un ailleurs mythique,  sifflotant sur air de Dutronc: Il est 5 h… J’allume une cigarette, j’aspire une boufée. Ma journée pourrait commencer; mais non. le jour est déjà fini.

je m’engouffre dans ma voiture, premier feu rouge, je m’arrête et regarde les automobilistes autour de moi;  ils ressemblent à des automates;  las, fatigués, ennuyés, avec leurs regards dans le vide, leurs traits tirés, leurs visages tristes et leurs airs vagues comme s’ils etaient perdus.

Peut etre que, comme moi, c’est à ce moment là, qu’ils réalisent qu’une journée est passée…une autre journée où ils n’ont pas eu le temps de vivre!

tous pourris! (…moi le premier!)

Même quand elle est  inavouée,  subconsciente, subliminale, refoulée,  non-dite, implicite …. Cette pensée, simple  et inoffensive en apparence,  est pourtant  la réflexion de base du citoyen lambda.   Elle résonne  dans sa petite tête comme une  “petite chanson douce”  dont il use  (et abuse),  lorsque dans cette époque qui érige la pusillanimité en vertu et  l’opportunisme en règle de conduite,  il ne trouve plus en lui même les ressources pour tenir debout.  Il s’affaisse alors confortablement sur ce fauteuil  (De toutes les façons, c’est tous des pourris!  tant qu’à faire, j’en serais le le premier!) et s’en sert pour justifier beaucoup de ses agissements.

C’est à croire que Jacques Dutronc, lorsqu’il avait écrit sa chanson “L’opportuniste”:

Non jamais je ne conteste
Ni revendique ni ne proteste
Je ne sais faire qu’un seul geste
Celui de retourner ma veste, de retourner ma veste
Toujours du bon côté!

il avait en tête quelqu’un de chez nous!!

La Tunisie by Herman Hesse

Ante Sciptum: Herman Hesse n’est jamais venu en Tunisie et n’a jamais écrit une ligne sur la Tunisie.  mais ça collait parfaitement que j’ai pas pu m’empecher de faire le lien.


Trois articles aujourd’hui sur le Net qui ont retenu mon attention et qui m’inspirent cette réflexion:

première Info:  l’interview accordée par le président au magazine Afrique Magazine: Rien de nouveau sous le soleil de Tunis, Juste un petit exercice de campagne avant l’heure:  Des questions convenues et des réponses encore plus convenues sur les réalisations, les acquis, les patati patata de la Tunisie 87.

Deuxième info:  la sortie en France, malgré les tentatives judciaires perdues por l’interdire, du livre “la régnte de carthage”. Ce livre écrit par deux journalistes français se présente comme enquete sur les arcanes du pouvoir en Tunisie et la main mise d’un ceratin clan sur son économie:  Donc rien de nouveau sous le soleil de Tunis, le bavardage habituel des pseudo-opposants gauchistes sur un président superflic et une mafia chapeauté par sa famille.

Troisième Info:  l’indice de développmnt Humain IDH 2009 calculé par le PNUD (Organisme rattaché à l’ONU) classe la Tunisie à la 98ème place mondiale parmi 182 pays. Un rang tout juste moyen, dans le paquet des nations, et qui nous donne une idée assez juste de ce qu’est actuellement la Tunisie dans le monde.
Morale:

la Tunisie  n’est ni tout à fait celle que son vend le président, ni tout à fait celle que dénigre l’opposition: c’est juste un petit pays moyen sans influence dans le concert des nations.  La meileure image qui décrit la Tunisie,  je l’ai trouvé dans un livre de Herman Hesse qui dresse un portrait cinglant de l’archétype du petit bourgeois satisfait.  Je paraphrase le texte en l’appliquant à la Tunisie:

Remarque: les textes entre guillemets ne sont pas de moi mais  ceux de Herman Hesse  (De ses livres le loup des Steppes et Narcisse et Goldmund)

La Tunisie est un pays  ” qui cherche à garder le milieu modéré entre les deux extrêmes…. Son idéal est la conservation du moi ; il n’aspire ni à la sainteté, ni à son contraire, il ne supporte pas l’absolu, il veut bien servir Dieu, mais aussi le plaisir ; il tient à être vertueux, mais en même temps à avoir ses aises. Bref, il cherche à s’installer entre les extrêmes, dans la zone tempérée, sans orage ni tempêtes violentes, et il y réussit…”

La Tunisie est à l’image de son peuple  “doué d’une faible vitalité, docile et facile à gouverner“… “celui-là est fort satisfait des jours normaux, des jours couci-couça comme cet aujourd’hui; avec gratitude, il se chauffe au coin du feu; avec gratitude, il constate en lisant le journal qu’aujourd’hui encore aucune guerre n’a éclaté, aucune nouvelle dictature n’a été proclamée, aucune saleté particulièrement abjecte découverte dans la politique ou les affaires; avec gratitude il accorde sa lyre rouillée pour le psaume de louanges modéré, médiocrement gai, presque content, avec lequel il ennuiera son dieu des couci-couça, doux, tranquille, un peu engourdi dans l’air épais et fadasse de cet ennui satisfait, de cette absence de douleur dont il convient d’être grandement reconnaissant”

Le rang moyen que l’IDH du PNUD nous confère ne fait que me confirmer ce qu’est la Tunisie aujourd’hui:  un  “élevage gras et prospère du moyen, du médiocre et de l’ordinaire”

En attendant des jours meilleurs…

Exporter des Valeurs : La mission perdue des pays arabes

Autant que les marchandises et sinon plus,  les nations qui réussissent sont celles qui exportent des Valeurs. Et comme pour les marchandises où une nation donnée se spécialise en une marchandise donnée et  tient ainsi la tête du peloton,  les nations se spécialisent aussi en Valeurs et les exportent au reste du monde.

Jugez-en plutôt par ces quelques exemples:

Hier:
Grèce: Exportateur de Science et de Philosophie
Rome: Exportateur de Loi et d’Ordre
Islam: Exportateur de Foi et de Religion
…etc

Aujourd’hui:
USA: Premier exportateur mondial de Démocratie et  de Liberté
France: Premier exportateur mondial de Citoyenneté et des Droits de l’Homme
Japon:  Premier exportateur mondial d’Authenticité et d’Innovation
Allemagne: Premier exportateur mondial  d’Excellence et de fiabilité
Chine: Premier exportateur mondial de Travail et de discipline
…etc

N’entrons pas dans les détails pour vérifier si ceci est réellement (dans les faits) vrai ou pas.  Je sais que d’aucuns me diront par exemple que les USA , ce n’est pas vraiment un exportateur de liberté parceque Palestine, parce que Irak, parce que patati patata; et on pourra me contredire de cette façon pour les autres exemples aussi… mais ce débat ne m’intéresse pas.  Je dis seulement que ces pays se présentent ainsi au monde et que pour le commun [populaire] des autres pays, ils sont perçus  et acceptés comme tels.

Ainsi, je ne pense pas qu’on pourrait sérieusement me contredire quand je dis que dans l’imaginaire populaire commun: le japonais est intelligent, le chinois est travailleur, le  français est respecté ( et fait grève souvent), l’allemand est organisé (et les machines allemandes sont les meilleures),  l’ américain est libre  (et il porte son arme sur lui et il peut dire ce qu’il veut quand il veut à qui il veut ) [un américain peut dire par exemple à son président en plein discours devant les deux chambres réunies: "you lie" sans aucun problème]; etc…

Nous, pays arabes, dépositaires de la richesse d’une grande Religion, héritiers de la richesse d’une histoire millénaire, n’étions pas nous aussi sensés devenir les premiers exportateurs mondiaux de quelque chose??

Ne devions-nous pas être les premiers exportateurs mondiaux déthique, de droiture, de justice, d’honnêteté, de probité, de vérité??  N’avions pas pour mission de diffuser “مكارم الأخلاق”?? Ne devions-nous pas être “la meilleure nation suscitée aux hommes” ?

Mes amis, nous avons tant failli à notre mission, nous l’avons tant trahie

Car, malheureusement, voilà ce que nous représentons dans le monde actuellement (chose qui ne diffère pas significativement de ce que nous y représentions il y a un demi-siècle) :  Au mieux: hospitalité et convivialité;  Au pire: dictature  et impuissance. [mais  il y a encore pire: quelques uns n'hésitent pas à nous taxer d'être les premiers exportateurs mondiaux de fondamentalisme,  de régression  (et ils ne nous diffameraient pas totalement sur ce sujet là !!!) ].

Voilà où nous en sommes aujourd’hui :  nous en sommes à ce que que  quelques tyrans autoritaires peuvent mépriser nos droits, des enturbannés barbus pervertir nos valeurs et des vautours étrangers piller nos richesses…  et nous peuples arabes,  nous pataugeons en ce début de XXI ème siècle dans l’ignorance, dans la pauvreté, dans la maladie, dans la dictature…

Alors chers pays arabes ; en attendant de retrouver votre rang de “Premier exportateur mondial” de vérité, d’éthique et de perfection morale, vous devez vous suffire d’un pseudo-titre de “premier exportateur mondial” de marchandises comme le Pétrole  (ou pire encore de “premier exportateur mondial” de fausses valeurs comme la bigoterie morale des religieux.)

Page suivante »